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pierre

HPST: vraie ou fausse réforme? (suite)

Publié il y a 2 mois par Pierre Derrouch .

 

 

Ce matin, se déroulaient la première partie des Rencontres de la santé, à Paris.

Le début de matinée proposait un plateau relevé de personnalités de la santé. Après l'intervention, enthousiaste mais (nécessairement) convenue d'Annie Podeur, directrice de la direction générale de l'offre de soins (DGOS), sur les bienfaits de la loi HPST, ce sont quatre spécialistes et habiles rhéteurs délivrés de leur devoir de réserve, qui sont venus répondre à la question:

HPST, vraie ou fausse réforme?

La formulation même de la question implique la controverse. On aura été servi. En attendant la mise en ligne prochaine de la vidéo, voici, dans l'esprit, un florilège des interventions de nos quatre fines lames venues tailler quelques croupières à une réforme qui ne fait pas (plus?), loin s'en faut, l'unanimité:

 

Jean de Kervasdoué, professeur au CNAM:

- Il s'agît d'une loi soviétique faite par des gens de droite.

- La loi ne résoudra aucun des problèmes très graves qui se posent au système de santé.

 

Alain Coulomb, consultant, ancien directeur de la Haute autorité de santé:

- Halte au harcèlement textuel: y'aura-t-il d'autres outils que les circulaires et arrêtés pour mettre la loi en application?

- Les ARS doivent apprendre à s'émanciper; les acteurs de santé doivent se saisir de cette loi: c'est à cette double condition qu'une mauvaise loi pourra avoir des effets positifs


Edouard Couty, conseiller Maître à la Cour des Comptes, ancien directeur de la direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins:

- avec la mise en oeuvre d'HPST, on assiste à un double mouvement: une tendance profonde à la libéralisation du système de santé avec notamment la fin du service public hospitalier et une reprise en main conséquente de ce système par l'Etat. Ces deux mouvements  (antagonistes) parviendront-ils à converger?

 

Didier Tabuteau, directeur de la chaire "santé" de Sciences Po, Paris:

- La situation du système de santé est très grave. La crise économique n'explique pas tout. En revanche celle-ci permet tout et excuse tout politiquement

- HPST est une loi d'organisation mais en rien une loi de régulation

- l'ensemble des acteurs y compris les patients ne sont pas suffisamment impliqués. Les conférences régionales de santé et de l'autonomie restent très embryonnaires. La participation de tous est pourtant essentielle pour transformer le système de santé.

 

 

 

 

13 réponses

anonymous

Intéressant. Quatre connaisseurs du système qui ont apporté, en leur temps, leur contribution. Nous attendons la vidéo avec curiosité. A un an du vote d'HPST, une mise au point ne s'impose-t-elle pas?

anonymous

J'ai relevé aussi des précisions de vocabulaire telles que territorialisation et non régionalisation (pas de dissémination du pouvoir).
Par ailleurs l'imperméabilité des enveloppes reste un point d'achoppement à l'efficacité de l'esprit (État pour l'hôpital, Sécurité sociale pour la ville, CG...)

anonymous

... pour le médico social) Nous allons avoir des transferts de charges entre enveloppes. Au sens de la cohésion souhaitée; il y a à redire
Benoît LE NEVEU / Qualify sas / bleneveu@qualify-sas.com

anonymous

J'ajouterai que les DG d'ARS ont une partie de leur rémunération (20%) liée à leur performance...

pierre

Selon Edouard Couty, les contrats liant les directeurs d'ARS à l'Etat comporteraient entre 80 et 100 tableaux d'indicateurs sur lesquels seront jugés les DARS. Cela conforte l'idée d'une main mise importante de l'Etat sur l'organisation des soins. Didier Tabateau a d'ailleurs insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas avec HPST de régionalisation de la santé mais de territorialisation des actions de l'Etat. Quant à la prime à la performance, elle signe bien la logique de libéralisation du système de santé. Dès lors que l'Etat pilote, ces primes ne peuvent-elles pas conduire à une dérive et une allégeance des ARS au pouvoir?

anonymous

Autre élément intéressant évoqué ce matin: la façon différente de présenter le cout de la santé en France.


Selon Jean de Kervasdoué, la part du PIB de la France consacré à la santé n'a cessé d'augmenter en 40 ans, passant de 5,7% à 11,3% (où 1% équivaut à 20 milliards d'euros). Donc les dépenses de santé sont pour lui très élevées, liées notamment à une hospitalisation 50% plus importante que pour des pays comparables.


Pour Didier Tabuteau, la France n'est pas dispendieuse en matière de santé. Ce qui compte selon lui n'est pas la part de PIB consacrée à la santé mais celle par habitant.

anonymous

La loi HPSP ne change rien aux problèmes des hôpitaux que j'ai essayé de comprendre à travers un livre utilisant les outils conceptuels de M Foucault " Faut-il supprimer les hôpitaux L'hôpital au feu de M Foucault" l'Harmattan. La disparition de l'hôpital est inscrite dans le destin de nos sociétés

anonymous

Merci pour cette indication bibliographique

haulele

Je suis d'accord avec Didier TABUTEAU qui dit que la "loi HPST est une loi d'organisation mais en rien une loi de régulation" et que " l'ensemble des acteurs y compris les patients ne sont pas suffisamment impliqués".

haulele

Par ailleurs, il parait indispensable de mettre à la tête des établissements hospitaliers de vrais managers qui ont le sens du service public, et qui de part leurs compétences ont une vision du vrai besoin de la population.Mais cette réflexion demande à être développée (lien avec l'ARS, cliniques..

psayous

Sur le fond la loi HPST, appuyée par le SNCH, veut faire des directeurs (anciennement gestionnaires de la paix sociale) les "managers" d'une enveloppe budgétaire forclose! Ces managers de l'extrême sont notés par des DARS...notés par la DGOS...nommée par le ministre...vive le libéralisme étatique!

actusos

On devait aussi noter les ministres... c'est le moment. pour l'hôpital cela revient à modifier des ajustements continuels SIONS / GESTION dont l'efficacité dépendait des bonnes ou mauvaises relations SOIGNANTS /GESTIONNAIRES par le fameux "management" dont on observe les résultats en entreprise.

anonymous

Les hôpitaux vont-ils se porter mieux en écartant les médecins de toutes décisions ?
Confier la gestion d'un pôle sans moyens consiste - t'il à laisser aux médecins le pouvoir de remercier leurs collaborateurs ?
Nul n'est dupe !

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