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Presse

Note de synthèses des Rencontre de la Santé de Nancy le 2 décembre 2009


Un certain nombre d’axes forts ont émergé lors de ce forum nancéen pour décrire ce futur système de santé
dans lequel nombre de professionnels fondent des espoirs d’une plus grande équité et d’une meilleure
efficience des soins.
- La collaboration entre les établissements, la mutualisation des ressources humaines, techniques et
financière, de nouveaux dispositifs de gouvernance équilibrés seront les moteurs d’un décloisonnement
majeur destiné à permettre une meilleure prise en charge des patients.
- La loi HPST impliquera le passage d’un modèle de verticalité descendant à un modèle de transversalité  vers une politique de santé adaptée à chaque territoire.
- Les Agences Régionales de Santé coordonneront toutes les structures et toutes les ressources d’une région, publiques et privées, de ville et hospitalières.
- Une priorité dorénavant : recentrer la prise en charge sur le parcours patient plutôt que sur les
établissements.
- La Lorraine : un territoire compétitif, riche d’innovations.
Tout d’abord la notion de collaboration se trouve au coeur de la restructuration du système : l’application de la loi HPST aura pour conséquence le passage d’un modèle de verticalité descendante où l’Etat irrigue les territoires de sa politique de santé définie à l’échelle nationale vers un modèle de transversalité dans lequel tous les acteurs de la santé d’un territoire seront amenés à collaborer au quotidien pour une prise en charge globale du patient.
Le Grand Témoin de cette rencontre, le Pr Jean-Jacques Zambrowski, a souhaité rappeler les objectifs finaux de cette réforme : la santé des populations, une offre de soins efficiente et équitable et qui prenne en compte les besoins et désirs des patients.
La création des Agences Régionales de Santé est sans conteste la pierre angulaire de cette réforme. Cette nouvelle structure remplacera les Agences Régionales Hospitalières pour rassembler toutes les structures et tous les acteurs de santé d’un territoire sous un même organe de gestion.
Ce bouleversement implique la création d’une nouvelle gouvernance sur un mode nécessairement
participatif, dans lequel élus locaux, professionnels de santé et acteurs administratifs devront agir en concertation afin d’assurer au patient un parcours de soin rationnel, fluide et efficient.
Les experts participant à ce grand débat à Nancy se sont montrés unanimes sur le fait que notre système actuel est marqué par une multiplicité de cloisons qui nuisent à la bonne coopération des différents acteurs et structures. Selon eux, la qualité vient du décloisonnement, et c’est ce que va justement permettre la loi HPST.
Ainsi, les médecins de ville ont manifesté leurs volonté d’instaurer une nouvelle dynamique dans leurs relations avec les hôpitaux, et de mettre à bas les frontières entre la ville et l’hôpital, tout comme celles entre le public et le privé, le médical et le médico-social.
Depuis les années 1960 en France, les différents modèles de réforme ont toujours témoigné d’une hésitation entre étatisme et mise en concurrence, intérêt national et intérêt local, culture juridique et culture médicale.
La nouvelle loi HPST a pour mérite de se positionner sur ces différents enjeux et de donner des outils clairs pour les affronter.
La France mobilise des moyens colossaux – financiers et humains - pour la santé de ses citoyens (11% de sa richesse totale produite) et son système de santé est reconnu comme l’un des meilleurs du monde.
Cependant, sa modernisation est cruciale pour permettre l’accès à plus d’équité et surtout plus d’efficience afin de palier le gouffre des chiffres et de faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain.
La région Lorraine a toujours été une région dynamique en matière d’innovation, notamment dans le domaine de la santé. Plusieurs exemples d’expériences innovantes et fructueuses ont été présentés.
1- Exemple de coopération de moyens entre établissements : STERILORR
Dès 2000, le CHU de Nancy avait crée une communauté d’établissements de santé avec pour objectif de développer le dialogue et la concertation. Pour aller plus loin, un groupement de coopération sanitaire a vu le jour en 2007 dont l’ambition était de faire porter des projets collectivement par un ensemble d’établissements. Le projet choisi a été la création d’une unité centrale de stérilisation.
Afin d’établir une gouvernance équilibrée, le CHU de Nancy a été doté de 5 voix sur 11 et les 6 autres établissements participants d’une voix chacun. Ainsi, le CHU doit nécessairement rechercher des alliances pour faire avancer les projets. Une mutualisation de la gestion administrative et financière a été mise en place.
La construction de l’unité centrale de stérilisation commencera en janvier 2010 et sera mise en service juin 2011.
2- Formation en E-Learning des professionnels pharmaceutiques hospitaliers : ONCOLOR
Cette formation par E-Learning a été inaugurée en mai 2008. Il s’agit d’une plate-forme interactive qui permet au stagiaire de travailler seul chez lui ou sur son lieu de travail. Le risque face à ce nouveau système de formation est le sentiment d’isolement du stagiaire et finalement le possible abandon. Pour éviter cela, la plateforme propose non seulement des cours théoriques, des cours audio, des schémas et photos, des liens
vers de la documentation complémentaire en ligne mais également des exercices ludiques et interactifs, des forums de discussion et une journée présentielle en fin de formation pour rencontrer stagiaires et professeurs, échanger et poser des questions. L’apprentissage des gestes pratiques se fait également grâce à des scenarii et films pédagogiques. L’évaluation est à la fois théorique et pratique : QCM en ligne puis évaluation sur site par le pharmacien référent.
Oncolor est reconnu comme organisme de formation, le stage est donc pris en charge dans le cadre de la formation continue. Cette formation devrait être prochainement développée dans d’autres régions et étendue aux professions d’infirmières, préparateurs en pharmacie, DU oncologie, etc.
3- Réseau HADLOR, réseau d’hospitalisation à domicile.
Ce réseau représente un modèle type de décloisonnement puisqu’il amène des spécialistes hospitaliers à travailler avec des libéraux de ville auprès d’un patient pour garantir la même qualité des soins à domicile qu’à l’hôpital.
Une formation des médecins à l’HAD est proposée par l’université de Nancy. Actuellement, 18 HAD sont en place en Lorraine, et le dispositif est en développement constant.
Le réseau des EHPAD de Lorraine est par ailleurs en passe de signer une convention avec le réseau HAD. En effet, l’HAD intervient également en EHPAD car les EHPAD sont considérés comme des domiciles et doivent donc offrir un accès identique aux soins, à la différence que les prestations HAD en EPAD sont 13% moins cher.
On considère en effet que le personnel de l’EHPAD participe en partie au dispositif.
4- Télésanté, outils de partage des données pour un système plus fluide.
Christian Badinier a ensuite présenté le GCS Télésanté dont il est le directeur. Crée en 2007 sous l’égide de l’ARH, son but est de faciliter le partage des données médicales. Ce projet comprend :
1) La mise en place d’une messagerie sécurisée entre professionnels
2) Un annuaire des professionnels de santé réalisé à partir des GIPCPS (cartes professionnelles)
3) Une identification et une « traçabilité » des patients afin de repérer rapidement les risques
d’épidémies par exemple.
4) Un service de web-conférences avec partage de documents, qui évite les déplacements et offre u gain de temps certain pour les professionnels.
5) Un système de transmission des actes d’imagerie modernisé qui offre la possibilité d’envoyer un cliché réalisé dans un établissement via Télésanté à un professionnel situé dans un autre établissement qui diagnostiquera sans se déplacer.
A la lumière de ces différents exemples apparaît un des principal challenge de la loi HPST : « Partager un patient » entre plusieurs acteurs et pour ce faire, partager les ressources, les moyens, les outils, etc.
Henri Molon, Directeur de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Nancy, a ensuite expliqué les enjeux de la loi pour son organisation. Le texte législatif prévoit que les caisses d’assurance maladie seront liées par contrat avec les ARS Jusqu’alors, l’Assurance Maladie traitait directement avec la ville ; désormais elle devra s’inscrire dans une perspective régionale. Afin de pérenniser ce nouveau modèle, il sera incontournable de passer d’un financement à l’acte à un financement global du parcours patient.
Philippe Vigouroux, Directeur général du CHU de Nancy a souhaité souligner que contrairement aux craintes de centralisation de tous les pouvoirs par les ARS, la loi HPST dans tous ses ressorts peut en fait permettre de renforcer les grands ensembles et donc de déconcentrer, de dialoguer, de coopérer. Les élus ont aussi la volonté nouvelle de faire travailler de concert Metz et Nancy. Il y a effectivement une compétitivité de territoire sur le terrain de la santé (Belgique, Luxembourg, Paris, Strasbourg), mais la division du territoire en deux selon un axe Metz-Nancy a été une erreur.
Un médecin a néanmoins exprimé son inquiétude quant à la place restreinte des médecins : le conseil de surveillance de l’ARS est composé de 40 personnes, mais pas un médecin ni un représentant du Conseil de l’Ordre n’y siègent.
Annick Barbaud, Vice-doyen chargée de la pédagogie à la Faculté de Médecine de Nancy, a conclu ce grand débat sur un parallèle essentiel avec les réformes qui touchent l’enseignement supérieur. Les deux axes principaux pour qu’une région soit compétitive et pour la qualité de vie des citoyens sont l’éducation et santé.
Ainsi, la formation des futurs professionnels de santé, l’éducation thérapeutique des patients, couplées à la réforme de l’université s’inscriront dans une même perspective de mutualisation et d’harmonisation des structures et des ressources. Une année commune de Pharmacie, Médecine, Sciences, Sage Femmes, et Kinésithérapie est prévue pour 2010 à Nancy et 2011 à Metz.
Le laboratoire Novartis, partenaire de ces Rencontres de la Santé 2009-2010 a tenu à exprimer son
engagement auprès de tous les acteurs concernés par ces réformes. Empreinte des valeurs d’innovation, de performance et soucieuse de sa responsabilité sociétale, l’entreprise souhaite contribuer à faciliter la mise en place du dispositif et a pour cela mis en place de nouvelles directions des relations institutionnelles et économiques dans chaque région afin d’être à l’écoute de ses partenaires et de développer des partenariats innovants et pertinents sur le terrain.
Le Laboratoire, engagé depuis près de dix ans à travers sa Fondation d’entreprise dans l’accompagnement de l’entourage des patients, a également souligné que le nouveau système de santé devra accorder plus de place aux familles qui se révèlent être de précieux partenaires de soin.
La Loi HPST, votée en juillet 2009, prendra réellement vie à travers la rédaction des 151 textes d’application dont 8 ordonnances d’ici juin 2010.


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